Gap : le procès de Génération identitaire s’ouvre jeudi

Jeudi 11 juillet, le tribunal correctionnel de Gap va juger trois membres du groupe d’extrême-droite « Génération identitaire », pour leur action anti-migrants, menée dans les Alpes, au printemps 2018. 

D’avril à juin 2018, le groupe avait conduit l’opération « Defend Europe » dans les Hautes-Alpes, pour dénoncer l’arrivée de migrants depuis l’Italie via les Alpes. L’opération faisait suite à une autre menée en 2017 à bord d’un bateau de location en Méditerranée, contre l’arrivée de migrants par la mer.

Dans le box des accusés, trois membres de « Génération identitaire », son président Clément Gandelin, son porte-parole Romain Espino, et un autre membre de l’association. Ils sont accusés du chef « d’activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique », article 433-13 du code pénal. Ils encourent une peine d’un an de prison et 15 000 euros d’amende.

Une opération d’apparence militaire

Le 21 avril, une centaine de militants de « Génération identitaire » vêtus de la même doudoune bleu clair (une couleur rappelant celle de la gendarmerie), deux hélicoptères aux couleurs de « Defend Europe », un avion et des voitures siglées munies de drapeaux, s’étaient rendus au col de l’Echelle.

Les identitaires s’étaient limités ensuite à quelques maraudes, se vantant par exemple d’avoir remis aux gendarmes les photos d’un « activiste d’extrême-gauche » surpris en train de « transporter trois migrants africains à bord de son véhicule ».
    
Outre le déploiement d’apparence militaire du 21 avril, le procureur de la République, Raphaël Balland, note le vocabulaire très ciblé utilisé par « Génération identitaire » dans ses communiqués : « travail d’enquête et de renseignement », « repérages »,  « surveillances » etc… – 
    
L’avocat du mouvement d’extrême-droite, Pierre-Vincent Lambert, s’amuse de voir qu’on s’est tellement « creusé les méninges » pour trouver une infraction à reprocher à « Génération identitaire », « sous pression du garde des Sceaux ». 
    
Il qualifie celle retenue de « grotesque et artificielle ». Pour lui, ses clients ont toujours fait comprendre clairement qu’ils menaient une simple « opération de communication ».

Violence, incitation à la haine raciale

Du côté des pro-migrants en revanche, on juge que Génération identitaire aurait pu être poursuivie pour violence, incitation à la haine raciale, mise en danger de la vie d’autrui, énumère Michel Rousseau, co-président de l’association « Tous Migrants » dans les Hautes-Alpes.
    
D’autant que sept de ces militants-là, pour avoir commis une infraction certainement plus facile à démontrer, aider des migrants à forcer un barrage dressé par les forces de l’ordre lors d’une manifestation en riposte à la campagne de Génération identitaire, ont été condamnés en décembre à Gap, dont deux à de la prison ferme.
    
M. Rousseau dit « ne pas comprendre un Etat qui fait preuve de laxisme avec des fascistes et de violence avec ceux qui aident leur prochain ». 
     source France TV

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