Ligue 1: Monaco tourne la page Jardim, en espérant Henry

Monaco, 18e de Ligue 1, a officiellement tourné jeudi la page Leonardo Jardim, sans donner le nom du successeur de l’entraîneur portugais qui a conduit le club de la Principauté à un sacre de champion de France inattendu en 2017.

Pour le remplacer, le nom du champion du monde 1998 Thierry Henry, qui a débuté sa carrière en Principauté, revient le plus souvent.

Dans l’attente d’un possible accord avec le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France, aujourd’hui adjoint du sélectionneur de la Belgique, la direction du club monégasque n’a pas négocié outre mesure pour formaliser le départ du Portugais, qui entretient d’excellentes relations avec le vice-président de l’ASM Vadim Vasilyev.

Sous contrat jusqu’en juin 2020, il aurait pu réclamer une dizaine de millions d’euros d’indemnité et selon différentes sources, la transaction se serait réalisée autour de 9 millions d’euros.

Dans un communiqué commun avec le club –procédure plutôt rare en cas de séparation–, Jardim se déclare d’ailleurs « reconnaissant et fier d’avoir pu entraîner » ce club. « Une grande histoire se termine », a-t-il aussi tweeté.

– « Toujours de la famille » –

« Leonardo fera toujours partie de la famille », lui répond Vasilyev dans le communiqué, signe que l’ASM et Jardim se doivent beaucoup mutuellement.

Débarqué en Principauté avec un CV peu ronflant, le Portugais a pourtant mis du temps à convaincre. Au terme de la saison 2015/16, le propriétaire Dmitry Rybolovlev s’était posé beaucoup de questions sur lui et lui avait mis la pression. Mais au final, le bilan monégasque de Jardim est excellent.

En 233 rencontres dirigées, il a amené le club au titre de 2017 devant l’ogre Paris SG avec, en prime, un quart et une demi-finale de C1, perdues à chaque fois contre la Juventus.

Ses résultats ont surtout permis aux dirigeants russes de valider un modèle risqué sur le plan économique, et très peu populaire chez les supporteurs, visant à acheter des promesses pour les revendre plus cher quelques saisons plus tard.

Même si le véritable maître du club en matière commerciale reste Vasilyev, Jardim lui a permis de réaliser des dizaines de plus-values sur les transferts. D’Anthony Martial (65 millions d’euros) à Thomas Lemar (70) en passant par Benjamin Mendy (58) et bien entendu Kylian Mbappé (180).

Il a donc permis à sa direction de croire que le renouvellement perpétuel de joueurs était sans risque au plus haut niveau. Mais en football, parvenir à créer une alchimie demande du temps, beaucoup d’énergie et de foi. Le technicien portugais n’en avait plus.

– Comme Deschamps –

Cette lassitude est-elle venue des mauvais résultats ou ces derniers l’ont-il engendrée ? La question reste. La situation ressemble d’ailleurs à celle qu’avait connue Didier Deschamps, dont Jardim est proche, le 19 septembre 2005.

Le futur sélectionneur des champions du monde 2018 avait, comme Jardim, jeté l’éponge le lendemain d’une défaite… à domicile contre Rennes (2-0) le 18 septembre 2005. A la différence de son successeur, il avait été sifflé par le public du Stade Louis-II, après avoir déclaré que Monaco n’était « pas un grand club ».

Treize ans après, Monaco n’a remporté qu’un match sur douze depuis le début de la saison et pointe, avec six points, à une peu flatteuse place de barragiste.

La crise est profonde, certains joueurs bien loin de leur niveau: la tâche s’annonce ardue pour le successeur de Jardim.

Si vendredi, David Bechkoura, l’entraîneur de l’équipe réserve, animera la séance, en interne on espère à Monaco que Thierry Henry puisse être présent dès lundi.

D’autres noms sont évoqués, comme ceux de l’ancien entraîneur de Chelsea Antonio Conte, actuellement sans banc, et surtout de l’ancien meneur de jeu l’ASM, Marcelo Gallardo, ajourd’hui entraîneur de River Plate en Argentine. Henry est bien néanmoins la priorité N.1. Son nom aurait même été validé par le Palais.

Mais si, à 41 ans, la légende d’Arsenal souhaite clairement se jeter dans l’arène, si le challenge en Principauté l’intéresse, Henry, qui a refusé l’offre de Bordeaux il y a un mois, n’acceptera pas tout.

Les négociations ne devraient achopper ni sur un désaccord salarial, ni sur un désaccord concernant le futur staff, mais Henry souhaiterait maîtriser le recrutement dès janvier et posséder les moyens de ses ambitions. Sur ces points, les parties devront savoir converger.

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    source AFP

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