La Crau : les agriculteurs craignent d’être privés d’eau à cause d’un chantier sur un aqueduc

Mi-mars, l’eau devrait couler abondamment dans l’aqueduc qui irrigue la plaine de Haute-Crau. 100 m3 par jour et par hectare. Mais l’ouvrage est en mauvais état, voire dans un état préoccupant. Des fissures sont visibles sur le béton, le risque le plus important serait qu’il s’effondre sur la route. Marquées par l’effondrement du pont de Gênes, en Italie, et des immeubles de Marseille, les institutions ont décidé d’entamer les travaux. Mais les agriculteurs ont déjà besoin d’arroser. Cet hiver, le vent souffle fort, le pluie est absente et la terre sèche.

Philippe Vial produit du foin de Crau et élève des brebis. Il est également président de l’association du canal de la Haute-Crau. Il nous décrit sa situation : « Là, ça devient sérieux. Il va falloir donner du foin engrangé pendant la saison 2018. Ne pas le vendre et le donner aux bêtes. »   
 

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Problèmes d’eau pour les agriculteurs de la Crau
Intervenants : Philippe Vial, agriculteur et Président association du canal de Haute-Crau / Patrice Vulpian, Producteur de pêches, abricots et foin de Crau. Un reportage de Nathalie Deumier, Alban Poitevin et Laetitia Patris de Breuil

« In aquis fortuna ». Traduction : « Dans les eaux, la fortune ». C’est une devise dans cette plaine, véritable désert de cailloux. 

Les agriculteurs y cultivent du foin , des fruits ou des légumes. Ils sont presque 500 dans le secteur, très inquiets de perdre leur récolte.
Le problème de l’aqueduc étant connu depuis 2007, ils regrettent que les travaux n’aient pas été effectués avant, et surtout, pendant l’hiver. Selon eux, la précipitation de ce chantier pourrait avoir de graves conséquences.
  Ces pêchers en fleurs ne mourront pas de sécheresse, il risquent de perdre leurs fruits. / © Alban Poitevin / France 3 Provence-Alpes

Ces pêchers en fleurs ne mourront pas de sécheresse, il risquent de perdre leurs fruits. / © Alban Poitevin / France 3 Provence-Alpes

Ces pêchers en fleurs ne mourront pas de sécheresse, il risquent de perdre leurs fruits. / © Alban Poitevin / France 3 Provence-Alpes

Ouvrir le parapluie peut paralyser l’économie

Patrice Vulpian fait pousser des pêches, des abricots et du foin. Il voit apparaître des feuilles sur ses arbres fruitiers. Ce qui signifie que les arbres ont soif. Dans l’idéal, tous auraient commencé à arroser autour du 8 mars. L’agriculteur critique la décision de la sous-préfecture : « Le sous-préfet met en avant la sécurité, compte tenu de ce qui s’est passé à Gênes. Evidemment, tout le monde a peur. Mais le parapluie est ouvert tellement rapidement que ça paralyse l’économie. »

Une réunion débloque la situation

Ce jeudi, en début d’après-midi, les agriculteurs étaient nombreux à la réunion organisée à Arles. Michel Chpilevsky, sous-préfet du département d’Arles était là, ainsi que des maires d’Arles, de Saint-Martin de-Crau, et un représentant de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer.

Les échanges ont été constructifs. A tel point que les agriculteurs sont ressortis soulagés. L’eau pourrait couler dès la semaine prochaine. une dizaine de jours pour permettre de tout irriguer. Une pause d’une dizaine de jours se fera ensuite pour laisser place aux travaux puis l’eau coulera de nouveau. La nouvelle devrait être confirmée et officielle le 19 mars. C’est un immense soulagement pour les agriculteurs, dont certains étaient dans un grand désarroi à l’idée de perdre leur récolte.
 

    source France TV

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