Innovation : après une trachéotomie, un Marseillais retrouve une trachée grâce une greffe d’aorte

Cette nouvelle avancée dans les techniques de greffe permet de guérir des patients qui vivaient avec une trachéotomie. C’est le cas d’Éric Volery, un Marseillais de 40 ans. Il a témoigné de cette prouesse médicale ce dimanche lors du congrès de la Société américaine à San Diego (États-Unis). 

En impasse thérapeutique

Eric Volery a été greffé en 2011. Il faisait partie de ces patients considérés en « impasse thérapeutique ». Atteint d’une sténose trachéale qui l’étouffait, il avait subi des opérations en vain, condamné à devoir respirer pour le restant de ses jours avec un trou sous la gorge. « J’étais en arrêt-maladie.

Je pouvais parler seulement en mettant le doigt sur la trachée,

donc en apnée, se souvient-il. « Un médecin renommé de l’hôpital Nord m’a dit, et ça m’a marqué: ‘ »Les amours et le travail, c’est fini Monsieur ». Eric Volery a bénéficié de la technique révolutionnaire du chrirugien thoracique, Emmanuel Martinod, de l’hôpital Avicenne (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) qui transforme « l’ingénierie tissulaire » des aortes, plus grand canal sanguin du corps humain, en trachées, un conduit du système respiratoire. Les aortes prélevées sur des donneurs décédés, et cryogénisées (conservées à -80°C) sont greffées en plus d’un « stent » (tuteur vasculaire), à la place d’une trachée préalablement retirée.

Personne n’y croyait

« On est allé de surprise en surprise, puisque dans un premier temps on a vu une régénération d’épithélium, qui est la couche la plus superficielle », explique le Pr Martinod. « Et ensuite, ça, ç’a été la plus grosse surprise: (…) l’aorte s’est transformée en trachée », se mettant d’elle-même à assurer les fonctions respiratoires. « Ce n’est pas de la magie » mais « personne ne croyait vraiment à tout ça », reconnaît-il.

Il faut utiliser ce magnifique corps, qui est capable de réparer lui-même,

affirme le Pr Martinod.

Le processus prend du temps. Il a fallu quatre ans pour que Eric Volery voit sa nouvelle trachée se régénérer d’elle-même. Et comme les autres patients, il a pu se faire enlever le stent. Il est aujourdh’ui en parfaite santé, appréciant notamment de « courir 45 ou 50 minutes ».

Respirer grâce au greffon

Ce n’est que ce dimanche qu’ont été publiés les résultats des opérations effectuées en 2009 et 2017 par l’équipe parisienne dans la revue médicale américaine JAMA. Sur 20 patients sélectionnés, atteints de cancer ou d’autres maladies, sept ont finalement bénéficié d’un traitement plus classique, sans greffe d’aorte. Sur les 13 autres, cinq se sont vu reconstruire une trachée, sept des bronches
souches (les plus proches de la trachée), et le dernier une carène trachéale (bifurcation entre bronches gauche et droite). A chaque fois à partir d’une aorte. « La mortalité à 90 jours a été de 5%. Il n’y a eu aucune complication grave liée au greffon ou au stent (…) La grande majorité des patients respire aujourd’hui à l’aide du greffon qui s’est transformé », conclut l’AP-HP.    source France TV

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